Antoine attendait calmement dans la salle d’audience. Sans un mot, il fixait l’horloge devant lui : 15h30. Son jugement venait d’être prononcé depuis quelques minutes, sans appel : emprisonnement à perpétuité dans le centre pénitencier du Perito Moreno. Sarah, qui se tenait à quelques mètres de lui, essayait de fixer son regard, en vain. Antoine semblait figé telle une statue, une statue de glace. Et elle se rappela qu’il y avait à peine huit semaines, elle lui tenait encore la main en descendant de l’avion de Calafate. Elle se rappela ces jours merveilleux, les nuits, les balades en liberté, la visite du glacier, des heures à attendre les morceaux de glace se rompre et les voir tomber dans le lac, des rires, puis des silences, un joint roulé dans une feuille, des heures à attendre et à profiter, les plus belles, jusqu’au moment où les forces de police débarquèrent au pied du glacier…