« Nevers, 2 minutes d’arrêt ! ». La voie monocorde du chef de gare réveilla mon voisin de droite, qui s’était assoupi à quelques centimètres de mon épaule depuis maintenant un bon quart d’heure. « Excusez-moi mademoiselle, il fait si chaud à l’intérieur… J’ai tendance à m’endormir facilement… ». Relevant la tête, je lui adressais un furtif sourire et me remis très vite à la lecture de mon Elle. J’eus à peine le temps de savoir si mon style vestimentaire flirtait plutôt avec le « néo » ou le « rétro » que mon voisin m’interpela de nouveau : « Je.. Je suis désolé, j’aimerais pouvoir sortir s’il vous plait… ». Me levant de mon siège, je le laissais passer puis me rassis en repoussant délicatement la veste qu’il avait laissée sur notre accoudoir commun. Un bruit sourd se fit alors entendre au bout du train, les portes automatiques se refermaient. Mais ce n’est que dix minutes plus tard que je vis tomber le pistolet de sa veste, suivi des cris affolés des passagers situés à l’extrémité du wagon…