Les chapeaux mous des messieurs croisaient les feutres des demoiselles. En cette veille de Noël, le parvis de la cathédrale se parait des plus belles coiffes auvergnates. Les fidèles sortaient de l’office, les infidèles couraient préparer le repas du réveillon. Ces mouvements de foule s’éternisèrent dans la nuit, ordonnés, méthodiques, puis de plus en plus confus, brouillons, anarchiques. Au petit matin, le soleil éclaira les clochers de la belle façade gothique, la dernière travée de la nef, la porte centrale de l’édifice. Les marches devinrent ombres et lumières, esseulées de toute vie humaine. Puis un béret s’approcha, suivi d’un beau feutre bleu, suivi d’un autre béret, d’un autre feutre… Ensemble, ils formèrent un cercle à l’entrée de la cathédrale, un cercle avec en son centre un panier en osier. Le cercle se rapprocha, se baissa : à l’intérieur du panier se trouvaient des couvertures, une lettre, une petite main, un visage de quelques jours couvert d’un bonnet rose, un joli bonnet qui cherchait désespérément le chapeau qui l’avait laissé là…