Alleen ouvrit la porte du cimetière et courut se blottir au pied de son conifère favori. L’air était frais et la gelée recouvrait depuis l’aube les tombes en granit. Pour un inconnu qui visiterait l’endroit, ce qui restait peu probable vu sa localisation sur notre terre, le cimetière donnait l’impression que la mort restait figé au sol. Pour Alleen au contraire, c’était le paradis. Des myriades de couleurs brillaient sur les cristaux de glace près des tombes, et la lumière menait cet orchestre scintillant dans une interprétation magique. Alleen sortit alors de son sac un cahier et un crayon et commença à capturer l’instant. Au bout de quelques minutes, lorsqu’elle eut terminé son croquis, elle signa, hésita un instant, puis ajouta quelques mots : celte-moi fort…